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L’AUTEUR

Susi Lizón

Psychologue humaniste intégrative et sophrologue caycédienne. Enseignante du Master à l’Académie de Sophrologie Caycédienne de Barcelone.

 

Il existe plusieurs façons de nous connecter avec nos émotions. La contemplation de l’émotion est l’une des manières constructives de les aborder. Elle permet d’une part de les écouter pour pouvoir bénéficier de leur sagesse et d’autre part, d’être connecté avec elles sans pour autant leur laisser occuper tout notre espace intérieur.

Susi Lizón, psychologue humaniste et sophrologue, partage avec nous les sept clés pour établir une bonne relation avec notre monde émotionnel.

 
  1. PRENDRE LE TEMPS DE FAIRE UNE PAUSE ET DE SE REGARDER DE L’INTÉRIEUR

Lorsque nous remarquons qu’une émotion intense ou désagréable survient en nous, nous pouvons faire une pause, centrer notre attention sur cette émotion et la regarder avec curiosité.

De manière spontanée, nous faisons l’inverse lorsque nous percevons une émotion qui nous déplaît. Au contact de cette émotion désagréable, notre corps se contracte et nous essayons de la contenir ou de « regarder de l’autre côté » pour ne pas la ressentir.

  1. RESPIRER PROFONDÉMENT

Nous portons notre attention sur notre respiration et prenons conscience de l’endroit où se manifeste l’émotion dans notre corps.

Au lieu de nous contracter et d’éviter les sensations déplaisantes qui nous submergent, nous leur accordons toute notre attention, les percevons et les laissons s’exprimer par le langage des sensations corporelles. Nous ressentons par exemple l’émotion sous la forme d’une oppression dans la poitrine, d’un nœud dans l’estomac. Et par une respiration profonde, nous détendons progressivement la zone du corps où l’émotion se manifeste.

  1. IDENTIFIER L’ÉMOTION ET OBSERVER COMMENT ELLE SE PRODUIT

Nous prenons conscience de l’émotion et lui donnons un nom. En l’identifiant et en la nommant, l’émotion perd de sa force et diminue en intensité. Nous prenons conscience de son origine et nous nous questionnons pour savoir si sa cause est interne ou externe. Par exemple, si le catalyseur de cette émotion est une pensée, un souvenir ou une anticipation, ou si elle fait suite à une situation particulière ou une interaction avec une personne.

Nous observons l’émotion non pas d’une manière rationnelle ou intellectuelle, et accueillons la vivance en la percevant en elle-même, de manière phénoménologique.

Nous pouvons également nous questionner en nous demandant ce que nous dirait l’émotion si elle parlait, quel besoin elle exprime en se manifestant à nous, ce qu’elle nous pousse à faire et comment nous nous comporterions si nous étions guidés par cette impulsion. Il s’agit « d’asseoir » l’émotion en nous, l’accueillant pour pouvoir écouter son message.

  1. ACCEPTER L’EMOTION

Et c’est sans lui résister que nous acceptons l’émotion qui se manifeste en nous, ce sentiment quelque peu désagréable qu’elle nous génère. Mais au lieu de mettre en marche les mécanismes habituels d’évitement ou de défense pour minimiser l’émotion, nous lui permettons au contraire de s’exprimer, sans entrave. Nous lui laissons en nous l’espace nécessaire pour se manifester telle qu’elle est.

Ce n’est que lorsque qu’il y a une véritable acceptation et ouverture à l’émotion douloureuse, que nous pouvons la transformer par le biais de l’action opposée. Par exemple : si nous sommes tristes, nous pouvons initier une activité qui nous plaît ; si nous ressentons de la colère, nous pouvons décider de la canaliser de manière constructive par le biais du sport, etc. Cette action sera perçue comme positive dès lors qu’elle commencera par une véritable acceptation de la première émotion ressentie.

  1. EMBRASSER L’ÉMOTION

Nous respirons profondément et essayons de nous connecter avec une partie saine et aimante de nous-mêmes. Il s’agit d’embrasser l’émotion comme s’il s’agissait d’un petit enfant, d’apaiser notre côté vulnérable car, par exemple, si nous sommes fâchés contre nous-mêmes parce que nous sommes en colère, nous subissons une double agression.

Nous avons tous en nous une voix intérieure saine et une autre dysfonctionnelle. Dans les moments difficiles il nous faut arriver à nous connecter avec la voix aimable qui nous aide à nous réconforter au lieu de laisser la voix névrotique et dysfonctionnelle qui nous entraîne et nous installe dans un malaise croissant.

  1. LAISSER UNE PLACE A L’ÉMOTION

Si nous avons suivi les étapes précédentes, « nous avons laissé de la place à l’émotion ». Nous prenons conscience que l’émotion est passagère : elle nous accompagne pendant un moment puis s’en va si nous ne nous y accrochons pas avec notre esprit. De ce fait, nous réalisons que nous sommes plus que l’émotion en elle-même et nous cessons de l’alimenter avec les pensées et les réflexions qui la retiennent et l’encouragent, en abandonnant l’habitude de rétro alimentation entre pensée et émotion.

  1. PASSER À L’ACTION SI BESOIN

La plupart du temps aucune action immédiate n’est nécessaire. Il nous faut attendre que la tempête émotionnelle s’apaise et parfois, il n’est même pas nécessaire d’agir. En tout état de cause, si nous suivons le processus de gestion de l’émotion décrit précédemment, nous ne réagirons plus de façon automatique en mettant le bouton de pause entre l’émotion et l’action. Nous évoluerons en conscience, améliorant notre capacité à réagir librement face aux émotions.

 Conclusion 

En fin de compte, il s’agirait de pouvoir transformer les émotions en opportunités qui nous aident à mieux nous comprendre nous-mêmes, renforcer un « moi protecteur » qui nous aide à gérer nos émotions dans les moments difficiles et, si les circonstances l’exigent, être capable d’utiliser l’information que nous transmet l’émotion pour réorienter la situation extérieure d’une façon constructive.

 La Sophrologie Caycédienne nous donne un espace d’écoute interne pour prendre conscience de toutes nos émotions depuis la corporalité. Ainsi, nous pouvons déchiffrer le message qu’elles nous transmettent et les réguler afin qu’elles ne nous gouvernent pas.